mercredi, 18 avril 2007

pas encore gagné...

salut!

pffff... y a encore du chemin...

Vous en connaissez sûrement. Des gais ou plutôt des homosexuels qui vivent leur orientation sexuelle comme un fardeau, une plaie qu’aucune chirurgie ne pourra refermer. Certains sont sortis du placard, mais ils sentent encore la naphtaline et parfois laissent entrevoir que, selon eux, le placard avait du bon. Ils sont les adeptes de l'idée selon laquelle l’homosexualité relève essentiellement de la vie privée et ils prient pour qu’un jour, leur différence n’en soit plus une.

Bien sûr, quand ils sont âgés, on les comprend. Ils ont vécu sous des cieux moins cléments. La discrimination, le rejet, ils les ont connus. Mais je suis toujours surpris quand les mêmes discours sont tenus par des gais de mon âge, ou plus jeunes. Bien sûr, l’emballage des propos a un peu changé, s’est mis au goût du jour. Pour ces gars, le fait d’avoir gagné l’égalité des droits ferait que chacun pourrait retourner chez soi et ranger les drapeaux arc-en-ciel et les journées de la fierté gaie dans la boîte aux souvenirs sur l’étagère la plus haute du… placard. Notons généralement que ces tenants d’une homosexualité au profil bas se sont bien gardés de participer à tous ces combats pour la reconnaissance des droits d’une minorité dont ils vantent les bienfaits. Mais, quand je parle avec eux, au détour d’une phrase, comme une ponctuation, leur perception de l’homosexualité trahit toujours une croix qu’ils portent et dont ils se seraient bien passés. Et, quand je dis eux, je pourrais citer quelques noms connus d’homosexuels qui sont souvent convoqués par les médias pour parler… d’homo­sexualité.

Qu’ils soient politiciens, artistes ou animateurs à la télévision, ceux qui pourraient par leur visibilité apparaître comme des modèles pour les jeunes générations nous renvoient une homosexualité de grand-papa des années soixante-dix, lorsque l’homosexualité était considérée comme un douloureux problème. Passe encore pour les Daniel Pinard et André Boisclair de ce monde qui ne cessent de répéter qu’ils n’ont aucun problème avec cela, mais avec si peu de convictions — ou trop — qu’ils ouvrent la porte à plus de questions que de réponses. Mais, quand cela se retrouve dans un ouvrage censé parler de l’homosexualité aujourd’hui, j’ai l’impression de remonter dans le temps, et pas le bon vieux temps.

Dans L’obstacle d’une différence paru chez Québec/Amérique, cinq personnalités parlent à cœur ouvert des épisodes de leur vie d’homosexuels. Confessions au je, un genre à la mode. Sont intercalés trois témoignages sous couvert de l’anonymat d’un pompier, d’un professeur et d’un journaliste qui expliquent, entre autres, pourquoi ils ne peuvent citer leur véritable nom. Et pour ouvrir l’opuscule, une préface de Réjean Thomas qui aurait «aimé ne pas avoir à écrire cette préface». Le ton est donné, misérabiliste et larmoyant. Sortez la boîte de kleenex. Certes, les témoignages des personnalités corrigent un peu le ton douloureux de la préface, mais sans pour autant faire oublier le malaise. Le danger des confessions, c’est que leurs auteurs, à partir de leur propre expérience, ont tendance à généraliser. Le styliste Philippe Dubuc, l’une des personnalités interrogées, affirme que la fidélité sexuelle est le gage d’un couple réussi pour les gais. Luc Boulanger, autre personnalité, affirme que les gay pride et autres semaines de la fierté gaie risquent d’enfermer les gais dans un ghetto. On croirait entendre des hétéros. Mais, après tout, chaque gai a le droit de jeter son propre regard sur l’homo­sexualité, même en faisant fi de tout regard critique, et d’avoir une connaissance de ce phénomène qui ne s’éloigne pas de son propre nombril.

Est-ce vraiment une photo des gais en 2007? Peut-être! Et ce n’est pas rassurant. Après tant de combats pour être des citoyens à part entière, devoir quand même se protéger derrière des pseudonymes pour raconter la difficulté d’être gai de nos jours. Est-ce encore notre réalité? Si oui, contrairement à ceux qui croient qu’il est temps de ranger les drapeaux, les paillettes, nos sous-vêtements en lamé et les drag queens dans la boîte à souvenirs, cela confirme que nous avons encore beaucoup de chemin à faire. Et peut-être avons-nous surtout à combattre une certaine homophobie intériorisée qui fait des ravages chez beaucoup de gais. À ceux-là, j’aurais envie de leur dire, en paraphrasant Tocqueville, qu’il n’y a pas pire que des esclaves pour défendre l’esclavage.

Et, au risque de choquer, j’ajouterais que s’assumer, c’est un peu comme se faire enculer, c’est la première fois que ça fait mal. Après, c’est le paradis.

ça, c'est du mot de la fin de chez mot de la fin... lol..

à plussss!!!
;-)

source

6 commentaires:

Anonyme a dit…

Chuis pas d'accord, non... Se faire enculer ça fait pas forcément mal la première fois ;)

Biz'

Anonyme a dit…

Bonsoir Olivier
Dans les années 80 et 90 être homo était bien vu et c'était aussi synonime de fêtards et de joie de vivre et de vie de nuit danse et ambience chaude... honnêtement j'ai vécu sur le continent de belles années où je passais partout en étant accepté pour ce que j'étais...
Puis est venu le temps de toutes ces revendications de minorités dans la minorité... des revendications à mon avis absurdes... qui ont surtout aidé à recréer une homophobie ambiente...
C'est quoi être homosexuel c'est avoir des rapports avec une personne du même sexe c'est tout...
Et on ne baise pas sur la place publique ....
Je suis heureux que le pacs existe et il devrait certainement être amelioré mais mis à part çà il me semble que toutes autres revendications sont absurdes et manipulées par les politiques de gauche...
J'ai frequenté toutes les couches sociales jusqu'au plus élevées et je suis toujours passé pour le gendre idéal ( homo certe mais j'ai eu 3 demandes en mariage de mères voulant m'unir à leur fille ) et c'est bien parce que je suis franc mais neutre que j'ai pu frequenter toutes ces couches sociales qui m'ont beaucoup enrichi intellectuellement... voilà je t'ai livré un peu en vrac ma pensée j'éspère que cela ne te deplait pas...
Bonne fin de semaine
ERIC

Anonyme a dit…

Il suffirait seulement que les parents , lorsqu'ils expliquent le sexualité à leurs enfants, qu'ils leur parlent aussi de l'homosexualité comme autre forme d'amour, et là, je pense que le combat serait gagné.
Je t'embrasse très fort

Non non je ne régresse pas et puis moi aussi j'adorais Pif gadget, je me souviens encore des graines sauteuses qu'il fallait mettre sous la lumière pour qu'elles sautent!!!!!!! Ben moi elles ont jamais voulu :(((
Mdrrrrrrrrrrrrrrrrr

Anonyme a dit…

La cause homo a toujours ete pointe du doigt... une minorite fait savoir pas mal de choses. Cette nuit je viens de lire un article tres sympa de "baby boy" (ou un truc a la mords moi le noeud du meme acabit". Les revendications et autres machins, faut pas vraiment en tenir compte, il est plus essentiel de se focaliser sur le moi et j'ajouterais meme, le moi profond.

Tu precises le fait de faire un out la premiere fois est souvent vecu comme une douleur. Alors la ou il y a douleur, il y a gene... Je cherche pas a debattre, on estdu meme cote de la balance tous les 4 (hahah).

bref, desole d'ecrire autant, a biento Olus!

Anonyme a dit…

C'est un sujet difficile que tu abordes là ! Il est vrai que les personnalités publiques homo devraient plus montrer qu'elles se sont trouvées et épanouies dans leur choix de sexualté, plutôt que de dépeindre une épopée semée d'embûches, de silence et de honte...
Tout est à cause du regard des autres ! Pourquoi devrait-on toujours tenir compte du "qu'en dira-t'on" ?
Moi je vos apprécie sans me demander ce que vous faites quand vous êtes au lit... Tout ce que j'ai constaté c'est que les homos sont plus à l'écoute et plus sensibles... pas de quoi créer un tabou !

Je te souhaite de continuer à assumer d'être heureux et d'avoir trouvé l'amour !! *<;o)

Bises.

Anonyme a dit…

Pat a raison lorsqu'elle parle de l'éducation de nos enfants, mes filles étaient jeunes lorsque nous sommes allées au pacs de deux filles, elles s'aiment et elles se marient me parait tellement simple, que les enfants ne cherchent pas plus loin...
Bises